RENCONTRE GRH -Demain
16 DECEMBRE 1998
Les Nouvelles Formes dEmploi
Les nouvelles formes d'emploi - Quelques faits et chiffres
LE TEMPS
PARTAGE - LE TRAVAIL TEMPORAIRE - LE PORTAGE SALARIAL
Où se renseigner pour en savoir
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Les rencontres GRH-Demain sont proposées par Le Comité de Pilotage du Programme de recherche GRH-Demain qui rassemble la CCIP, lANDCP, le cabinet POLLEN Conseil ainsi que dix C(R)CI en France. Lémergence de nouvelles formes de salariat répondant au besoin nouveau de flexibilité du marché du travail nécessite une réflexion sur les " Nouvelles Formes dEmploi ". Ces nouvelles mutations prennent une place de plus en plus importante au regard du mode de salariat plus traditionnel, qui est constitué par un CDI à temps plein dans une entreprise donnée. Le dépôt très prochain dun projet de loi au Sénat sur le " travail en temps partagé " à également conféré à ce thème une forte actualité. Le temps partiel, lintérim, et les nouvelles formes demploi développées autour du télétravail et du temps partagé sous ses différentes formes (CDD multi-employeurs, intermittence, groupement demployeur, portage salarial ) sont des formes demploi en plein développement. Ils constituent pour certains une précarité de lemploi pour lessentiel subie par les plus faibles, et pour dautres une opportunité pour les entreprises de se centrer sur leur cur de compétence en recourant à ces nouvelles formes demploi pour leurs besoins en compétences les plus pointues et/ou ponctuelles.Notons que lutilisation des emplois précaires correspond également à des activités dont la fluctuation ou la saisonnalité nécessitent le recours à des emplois temporaires. Le développement de lannualisation du temps de travail a permis daccroître relativement les équipes permanentes, mais cela ne peut être quune réponse partielle. On a vu également certaines expériences de nouvelles formes demploi pour tenter dassocier des besoins saisonniers complémentaires (hiver, été) de plusieurs employeurs dans le but de pérenniser et professionnaliser lemploi des saisonniers. Notons également que le temps partiel, bien quen forte augmentation, est beaucoup plus faible que dans dautres pays européens dont certains nont pas une mauvaise réputation quant aux conditions de travail de leurs salariés : Pays-Bas 37%, Norvège 26% ou Royaume-Uni 24%. Le formidable développement depuis une décennie, des services aux entreprises, notamment dans le conseil mais aussi linformatique, le transport, le courrier, la production graphique, etc., que lon classifie dans lexternalisation répond aux mêmes besoins et contraintes des entreprises qui les conduisent à se centrer sur leur cur de compétences. Ces nouvelles activités sont dailleurs les grandes utilisatrices des nouvelles formes demploi. De même, la création débridée des entreprises unipersonnelles (indépendants ou sarl/eurl) dans ces secteurs du service où lon voit des taux de création et de défaillance dentreprise atteindre des sommets, correspond aux mêmes logiques : externalisation, flexibilité mais aussi précarité. Les nouvelles formes demploi correspondent également à des besoins de certaines catégories de salariés : le temps partiel (mercredi libre) pour les femmes ou le temps partagé pour les personnes les plus qualifiées. Le temps partiel nest pas pourtant désiré par tous, notamment parmi les salariés les moins bien payés, puisque 42% des salariés à temps partiel désirent travailler plus. Quelques faits et chiffres" la conjoncture, favorable depuis la mi-1996, a impulsé le redémarrage de lemploi, entraînant la création nette de 424 .000 postes de travail " entre le début 1997 et septembre 1998 selon lINSEE (enquête sur lemploi 98). Mais le rythme exceptionnel des créations demplois sest accompagné dune précarisation accrue :
Enquête CRCI Midi-Pyrénées, 1996 :
Le multisalariat ou temps partagé concerne essentiellement les cadres et les techniciens de haut niveau ; selon lObservatoire du temps partagé de lANDCP, ce sont les entreprises de 20 à 200 salariés qui sont le plus concernées. En 1996, entre 1.500 à 2.000 cadres travailleraient en temps partagé en France. Le télétravail (ou travail à domicile utilisant les moyens de télécommunication) est assez peu plébiscité par les entreprises ; il aurait concerné en 1994 quelques 20.000 télétravailleurs. Il existe plusieurs définitions du Temps Partagé. Celui-ci peut être :
En juin 1993, un Observatoire du Temps Partagé interne a été créé par lANDCP, qui souhaite par ce biais promouvoir sur le Temps Partagé en menant des études sur ses causes, ses différentes formes, son évolution et ses répercussions. Le Temps Partagé apparaît comme un moyen particulièrement adapté pour répondre aux besoins croissants de lentreprise à la fois en nouvelles compétences et en flexibilité. Des deux formes principales de temps partagé, le groupement demployeur se différencie essentiellement du multi-salariat par le fait quil nécessite un engagement de co-responsabilité des entreprises mais en revanche il permet de sécuriser le salarié. En effet le multi-salariat est perçu comme un statut précaire par le salarié. Du point de vue des entreprises, le temps partagé, quelle que soit sa forme, pose également une série de problèmes à différents niveaux, organisation des équipes, disponibilité du salarié, confidentialité des informations manipulées, qui ne sont pas anodins. En octobre 1997, Monsieur JOURDAIN, sénateur du Jura avait pris linitiative dun projet de loi permettant de donner un statut légal approprié au multi-salariat et avait consulté lObservatoire du Temps Partagé de lANDCP. Le texte a été soumis et accepté à la Commission des Affaires Sociales du Sénat en décembre 98 et sera défendu en séance plénière au sénat en février 99. Cette proposition comporte trois dispositions principales :
En 1993, le Ministère de lEmploi et de la Solidarité prend des dispositions afin de faciliter le fonctionnement des groupements demployeurs, dans la loi quinquennale, sans vouloir débattre réellement du Temps Partagé. Jusquen 1997, toutes les initiatives allant dans le sens dune réglementation sur le Temps Partagé sont renvoyées à ces mêmes dispositions sur les groupements demployeurs ce qui nest pas toujours adapté. En effet, dans la plupart des cas les dispositions concernants les groupements demployeurs trouvent leurs raisons dêtre dans les difficultés posées par les problèmes de saisonnalité, quand les entreprises arrivent à faire un accord de co-responsabilité. Le Ministère de lEmploi et de la Solidarité semble vouloir se pencher sur ce problème. Récemment la France dans le cadre du Plan Français pour lEmploi a présenté à Cardif, à linitiative du Ministère de lEmploi et de la Solidarité, des dispositions sur le Temps Partagé. Dautre part, la Direction du Val de Marne a mis en place une opération locale sur le Temps Partagé. Le projet de loi du Sénateur JOURDAIN met délibérément le groupement demployeurs hors de son champs daction dans un souci defficacité. Il propose de permettre au salarié de traiter dégal à égal avec lentreprise et non pas dêtre aussi " protégé " et dépendant que dans les réglementations sur le temps partiel, la problématique et les objectifs étant très différents. Le problème principal posé par le groupement demployeur semble résider essentiellement dans lannualisation du temps. En effet, des salariés peuvent se retrouver débaucher plusieurs mois et ne peuvent alors bénéficier dune couverture ASSEDIC, à linverse des salariés qui peuvent alterner CDD et période de chômage. Selon lobservatoire du temps partagé de lANDCP, le temps partagé sous ses différentes formes représenterait 10% des salariés. Le fondement du travail temporaire est de gérer les absences des besoins ponctuels de compétences et plus généralement le besoin de flexibilité dans la gestion des ressources humaines. Cest un mode de gestion de lenvironnement du travail qui consiste à mettre bout à bout " lémiettement de lemploi " en créant une forme de " continuité " dans le travail pour les intérimaires, tout en leur évitant le plus possible la précarité. Les principales entreprises dintérim ont structuré la profession notamment en aidant à la mise en place dun syndicat, dune caisse de retraite, dun fond dassurance sociale destinés aux intérimaires, afin de renforcer leur situation sociale. Néanmoins une difficulté majeure demeure que le statut dintérimaire est actuellement un non-statut. Lenjeu actuel vise donc à faire du statut de " salarié intérimaire " un statut à part entière. La réussite des agences dintérim est liée à lefficacité des placements réalisés, ce qui permet une forme de garantie demploi pour les intérimaires. Lintérim pour faire correspondre lemploi avec les besoins de lentreprise engendre dailleurs un déploiement de moyens très important. Expérience de Temps Partagé La mise en place du Temps Partagé peut se faire dans le cadre dun accord partenarial entre deux entreprises, de secteurs dactivité qui peuvent être différents (transport et restauration, par exemple), mais qui ne peuvent offrir que des emplois à temps partiel à leur salariés. Cest, en effet, souvent la complémentarité des horaires de travail proposés par les entreprises qui permet cet accord. Cette solution permet doffrir aux salariés un salaire plus important grâce au cumul de deux contrats, ainsi quune hausse de leur employabilité par lacquisition dune capacité à occuper des postes variés. Cet accord est possible sil permet aux deux entreprises de garder leur indépendance peut-être de façon plus explicite que dans le cas dun groupement demployeurs. La législation actuelle ne donnant pas de cadre juridique précis pour ce type dorganisation, les deux entreprises établissent leurs propres règles dorganisation, dans les limites de la législation actuelle. Si les problèmes administratifs ou dassurances sociales restent encore à régler, la question de lexonération des charges sociales peut être solutionnée grâce à lalternance, une fois sur deux lentreprises se déclarant première entreprise. Notons que cest cette même logique de complémentarité demplois à temps partiel (ou saisonniers) qui a présidé à la création des groupements demployeurs. De nombreuses entreprises ont ponctuellement besoin dun consultant (cadre ou technicien) pour réaliser une mission sans pour autant avoir la structure et les besoins suffisants pour intégrer ces compétences dans ses effectifs. La question pour ce consultant va être de pouvoir se faire rémunérer dans un cadre légal sans être obligé de créer sa propre structure. La société de portage propose au consultant une convention dadhésion qui consiste en un contrat de mission. Cest un contrat tripartite entre lentreprise cliente, le consultant et elle même, sans aucune intervention commerciale auprès de lentreprise cliente. Cest en effet au consultant de démarcher ses propres contrats. Ensuite, la société de portage signe avec le consultant un contrat à durée déterminée ou indéterminée. Ceci permet dune part à lentreprise cliente de ne pas intégrer dans ses effectifs le consultant tout en bénéficiant de ses services en fonction de ses besoins, et dautre part cela permet au consultant davoir une structure daccueil qui lui permet de rester salarié. Les statistiques permettent détablir que si 70% des consultants souhaitent initialement créer leur entreprise, en définitive seuls 20% le font. Le portage salarial est souvent une opportunité pour ceux qui ne souhaitent pas sengager dans la création dune structure. Un syndicat professionnel ainsi quune charte de déontologie ont été établies récemment pour représenter les professionnels de ce nouveau mode de salariat auprès des pouvoirs publiques. Aujourdhui, il y a en France, 6 sociétés de portage, 18 000 personnes salariées sont concernées, dont 25% sont employées à temps plein dans ces mêmes sociétés de portage. La jurisprudence en matière de portage salarial nétant pas fixée, on peut considérer que cette activité manque de cadre juridique. Si la subordination fonctionnelle implique le consultant vis à vis de lentreprise cliente, la subordination hiérarchique relève quant à elle dune reconnaissance mutuelle des compétences en présence. Lentreprise de portage salarial se trouve confrontées à différentes difficultés :
Le portage salarial constitue donc une nouvelle forme demploi différente et alternative à lintérim, au multi-salariat et groupement demployeur. Il sadresse plutôt aux emplois qualifiés voire très qualifiés. Il nécessite une autonomie forte du salarié qui se comporte de fait comme un " free-lance ". Où se renseigner pour en savoir plus ? : Syndicat des entreprises de portage salarial : 120, avenue Charles de Gaulle 92200 Neuilly sur-Seine Tel : 01 46 40 38 70 Observatoire du temps partagé (ANDCP) : 29, avenue Hoche 75008 Paris ; Tel : 01 45 63 55 09 Syndicat des entreprises dIntérim : 54-56, rue Lafitte 75009 Paris - Tel : 01 55 07 85 85 |