Rencontre GRH Demain
mercredi 6 octobre 1999
CCIP - Ecole Supérieure de Cuisine Française
Définitions - Un peu d'Histoire - Présentation de la problématique -
Témoignages et débat - Conclusion
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La gestion des compétences est devenue un des maîtres mots du discours des DRH. La gestion des Ressources Humaines fondée sur une logique de postes est battue en brèche et souvent remplacée par des modes de gestion faisant appel à la notion de compétence. Mais la fréquence dutilisation dune notion est souvent inversement proportionnelle à sa précision dutilisation. La notion de compétence est-elle simplement un mot à la mode, quil faut citer, pour " faire branché " dans les milieux de la GRH, une notion générique et vague ou un concept opérationnel impérativement nécessaire au management des entreprises ? Les DRH utilisaient plutôt les concepts de performance, de potentiel, et surtout de poste ces notions familières et clairement définies vont-elles être rangées au rayon des accessoires au profit de " l outil compétence " ? Il existe aujourdhui de nombreuses définitions de cet " outil compétence ". Pour le Larousse : droit de juger une affaire, compétence du tribunal, aptitude dune personne à décider, connaissance approfondie. Pour Nicole Mandon : la compétence est de savoir mobiliser connaissances et qualités pour faire face à un problème donné. Dans laccord " A. CAP 2000 de la sidérurgie : les compétences : il sagit dun savoir-faire opérationnel validé. Pour G. Donnadieu et P. Deminal : la compétence est un ensemble de connaissance, de savoir-faire et de comportements structurés en fonction dun but dans un type donné de situation de travail. Pour M.F. Rienbold et J.M. Breillot : Nous appellerons compétence le processus de production dune performance économique ou social régulière et reconnue, dans un contexte délimité concrètement. Pour lAssociation pour la Certification des Compétences Professionnelles : Les compétences sont caractérisées comme lensemble des capacités démontrées par les preuves de vie professionnelle et sociale courante. De ces définitions, on peut retenir les points suivants : la compétence permet la production dune performance régulière et délimitée, dans le cadre dun processus intégré dans le champ socio-économique à linterface du sujet et de lorganisation qui permet une reconnaissance sociale. Après la guerre en 1945, les arrêtés Parodi marquent une étape importante dans lhistoire des ressources humaines. On parlera désormais de " coefficients " et non plus seulement de " position " ou de " catégories " en attribuant une valeur monétaire au point de coefficient. La priorité des organisations syndicales est alors devenue la définition des salaires minima au plan national, pour chacune des principales branches industrielles. La gestion des compétences se présente donc bien comme une nouvelle approche de la gestion des ressources humaines qui dépasse la gestion par poste de travail sinscrivant dans une dynamique évolutive de recherche de mise en relation des emplois et des hommes qui met laccent sur les hommes. Présentation de la problématiqueFace aux nouveaux besoins des entreprises
relatifs à la demande de flexibilité, adaptabilité, réactivité, transversalité, les
organisations du travail fondées sur la pure logique taylorienne par postes stabilisés
au sein dorganigrammes pyramidaux semblent aujourdhui largement dépassées.
Accroître Aperçu historique de la gestion par les compétences A limage du Professeur Georges
TREPO de HEC, auteur de "La gestion par les compétences : Reste que dans les faits, laspect
stratégique de la gestion par les compétences ne semble guère pris Les enjeux Pour sa part, son confrère, le Professeur
Charles-Henri BESSEYRE DES HORTS, estime que La rémunération des compétences Forte de son expérience de responsable du
département Ressources Humaines à la Caisse dEpargne du
Languedoc-Roussillon, Nadine JOLIS, auteur de "Compétence et compétitivité,
la juste alliance" (Edition dOrganisation), apporte une réponse en estimant
nécessaire la rémunération Si la rémunération des compétences
suscite de nombreuses interrogations (quelles compétences rémunérer ? En
référence à quoi ?...), ses détracteurs avancent souvent largument Prenant pour champ dobservation
lexercice standard dun métier, Nadine Jolis propose Chacun peut devenir acteur de son évolution Alain DELBOY, chef de projet compétences à Air Liquide, a lui aussi utilisé la logique de "métier" dans sa démarche. Mettant en avant lévolution des métiers et des structures (réactivité, autonomie, polyvalence), Alain Delboy sappuie sur la possibilité pour chacun dêtre davantage acteur de son évolution et de son efficacité personnelle. Inscrite dans une perspective de progression au sein de lentreprise, la personne a la possibilité de sauto-évaluer : chacune de ses compétences est évaluée sur une grille sur laquelle figurent quatre stades dévolution mesurant son niveau dexpérience (acquisition : faible implication ; maîtrise ; orientation ; transformation). Avec une subjectivité réduite, lintéressé connaît son positionnement et repère les domaines dans lesquels il doit progresser. Après un an de mise en pratique, et la fin des phases dapprentissage et de compréhension de la démarche, Alain Delboy estime que des efforts restent à faire pour que les personnes évaluées soient en accord avec leur évaluation. Selon lui, le plan de progression doit porter principalement sur les comportements et doit permettre de passer dune logique de filière "métier" à une logique intégrant davantage les caractéristiques propres de la personne. Compétences individuelles, compétence collective et stratégie dentreprise Peu favorable à la dénomination
"gestion de compétences", Doriano MARANGON, Directeur planification et
développement des organisations au sein de lentreprise Schneider Electric,
conçoit que le knowledge management décrit une réalité désormais inévitable.
Au début de la décennie, lentreprise était engagée dans une stratégie de
compétences : il sagissait à lépoque didentifier Après la fusion avec Merlin-Gerin, Schneider Electric met en place des outils visant à faire évoluer les compétences de leadership. Le pilotage des compétences seffectue non seulement au niveau de lentreprise (mise en cohérence des compétences individuelles et collectives), mais également au niveau géographique (locales, mondiales). Pour lavenir, la stratégie dentreprise impose danticiper les besoins sur ces quatre niveaux, de piloter les compétences clés par métier (savoir-faire) à travers la migration et le développement vers des métiers nouveaux. Pour Doriano Marangon, cette stratégie passe nécessairement par une approche mondiale et transversale, appuyée par un réseau Intranet permettant de repérer rapidement les savoir-faire et les motivations. Par delà linévitable effet de mode, la gestion par les compétences est devenue une composante inévitable de la vie de lentreprise. Dès lors, la DRH a tout intérêt à maîtriser parfaitement les divers aspects de cette démarche de management qui lie lentreprise et ses salariés autour davantages communs : la réussite et la reconnaissance. |