Contrat d’ étude prospective du territoire de Lille
" Emplois et compétences 2000 "

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1. Une étude sur les P.M.E. de la zone d’emploi de Lille

2. Un territoire dorénavant orienté vers le tertiaire

3. Un sondage auprès de 270 responsables de PME

4. Un sentiment partagé de croissance des activités

5. Une mutation des entreprises et des emplois plutôt qu’une augmentation des effectifs

6. Le recrutement dans l’urgence et la précarité plutôt que le développement des compétences

7. Des recommandations issues de l’étude mobilisant l’ensemble des acteurs du territoire

 

1 - Une étude sur les P.M.E. de la zone d’emploi de Lille

Faisant suite à une réflexion menée par l’AGEFOS-PME sur l’opportunité d’un accord-cadre de développement de la formation continue des salariés des PME, la direction régional du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle (DRTEFP) du Nord- Pas de Calais a décidé de lancer une étude prospective portant sur les besoins en compétence des PME du territoire de Lille, étude pour laquelle elle a mandaté en décembre 98 le cabinet TEMSIS.

Le champ de l’étude a été limité aux petites et moyennes entreprise (PME) de la zone d’emploi de Lille excluant d’une part les très petites entreprises de moins de 10 salariés (TPE)et d’autre part un certain nombre de secteurs ne pouvant être concernés par un éventuel accord interprofessionnel de développement de la formation des salariés.

2 - Un territoire dorénavant orienté vers le tertiaire

La population totale de la zone d’emploi de Lille représente 29% de la population du département. C’est un territoire qui se tertiarise puisque 80% des emplois se trouvent dans le tertiaire et que ce dernier assure 89% des embauches actuelles, alors que la primaire et la secondaire perdent beaucoup d’emplois.

La zone d’emploi a connu une augmentation de son taux de chômage (passant de près de 10 % à 13 % de la population active) sur la décennie, même s’il reste inférieur aux moyennes départementales et régionales.

3 - Un sondage auprès de 270 responsables de PME

La zone d’emploi de Lille regroupe quelques 3500 entreprises dont 3830 PME de 10 à 249 salariés.

Après une enquête réalisée auprès de 270 responsables de PME qui a respecté pour l’essentiel la répartition par activité des établissements du territoire, il est apparu différents résultats importants pour la compréhension de la situation des PME de la zone d’emploi.

4 - Un sentiment partagé de croissance des activités

Tout d’abord selon les résultats de l’enquête, le territoire de Lille connaît indéniablement une phase de croissance économique, et les responsables d’entreprises voient leur activité augmenter dans les années à venir et considèrent que l’amélioration de la qualité est un objectif stratégique de premier ordre. On peut en fait parler d’une recherche d’un meilleur rapport qualité prix en travaillant collectivement autrement.

5 - Une mutation des entreprises et des emplois plutôt qu’une augmentation des effectifs

Cependant les effectifs devraient augmenter de façon plus modérée que l’évolution pronostiquée des activités. Cette augmentation des effectifs s’accompagnera par de forts changements dans la nature des emplois, ainsi que par une hausse de la qualification requise et des besoins en nouvelles compétences.

Le niveau de qualifications recherché est en majorité (51%) d’au moins 2 ans d’études après le bac c’est à dire d’un niveau nettement supérieur à la moyenne de la population en demande d’emplois, même s’il existe des différences sectorielles importants à cet égard, et ceci dans un souci d’adaptabilité et d’employabilité rapide du nouveau recruté. Il y a donc une recherche de surqualification des personnes à l’embauche.

6 - Le recrutement dans l’urgence et la précarité plutôt que le développement des compétences

Les besoins en compétence sont comblés soit par l’embauche, le plus souvent en utilisant des CDD ou de l’intérim comme étape préalable, soit en ayant recours à la formation continue.

La formation continue des salariés est cependant appelée à se développer puisque 42% des dirigeants déclarent augmenter leur budget de formation. Le frein principal pour les PME est la complexité du montage d’un plan de formation lorsque celui-ci doit répondre à des enjeux globaux d’autant que les moyens sont limités tant pour le financer que pour l’organiser.

Besoins en nouvelles compétences
selon le niveau de qualification-encadrement et la fonction des emplois cités

Sans ou peu de qualifications

Qualifié sans encadrement

Très qualifié ou cadre

Direction

Production

*

****

**

*

Maintenance et Informatique

*

****

***

-

Logistique et transport

*

*

-

*

Accueil et vente en guichet

***

****

**

*

Achat et vente hors guichet

*

**

*

-

Administration

-

****

***

-

Prestations intellectuelles

-

***

***

*

Direction Générale

-

-

*

***

Plusieurs réponses possibles – 193 répondants – 1,4 citations par répondant

Plusieurs réponses possibles – 87 répondants – 1,1 citation par répondant

7 Des recommandations issues de l’étude mobilisant l’ensemble des acteurs du territoire

D’après les analyses et les réflexions des acteurs du territoire, qui ont été recueilli lors du forum de travail organisé le 5 février 1999 au Grand Palais de Lille, il a été possible de dégager les principes d’actions suivants nécessaires à la construction d’un dispositif territorial de développement des compétences dans les PME :

  • pouvoir accompagner la mutation organisationnelle des PME, tout particulièrement lors des événements majeurs (fusion, cession, démarche qualité, réduction du temps de travail,…) ;

  • les assister dans leur démarche pour gérer et valoriser les ressources humaines internes ;

  • développer des compétences de management des ressources humaines, développer le rôle du manager polycompétent ou de formateur et/ou tuteur ;

  • lever les blocages des chefs d’entreprise à investir dans les ressources humaines et, notamment, à utiliser la formation en accompagnement de la réorganisation de l’entreprise ;

  • répondre à des besoins de formation très transversaux :

    • l’usage de nouvelles technologies de l’information et de la communication,

    • l’accueil,

    • la communication écrite, orale, relationnelle,

    • les multiples domaines du management visant à accroître la polycompétence du cadre mais aussi à l’assister dans la mise en œuvre d’une stratégie de l’entreprise (réorganisation, démarche qualité, information, développement) ;

  • développer une offre de formation, plus proche de la réalité de chaque entreprise, plus impliqué dans la conduite du changement, adaptée aux P.M.E. mixant par exemple la formation intraentreprise avec de la formation interentreprises ;

  • Au-delà du recrutement ou de la formation des salariés, accompagner les PME dans le développement des nouvelles modalités de partage des compétences.

REDACTEUR : POLLEN Conseil - 01 53 36 10 06 - bureau@pollen-conseil.fr

dernière mise à jour : janvier 2002